L’avenir technique d’IBM i

État au : 30 août 2026
IBM i compte parmi les plateformes informatiques commerciales les plus pérennes qui soient. Cette affirmation ne doit toutefois pas être confondue avec une stagnation technologique. Ces dernières années en particulier, IBM a continué à faire évoluer en parallèle le système d’exploitation, le matériel POWER, l’hyperviseur, Db2 for i, RPG, les outils de développement, la sécurité, la haute disponibilité et le support de l’IA.
Pour se projeter dans l’avenir, il faut en outre distinguer clairement deux niveaux : IBM i est aujourd’hui le système d’exploitation, ou plus exactement la plateforme intégrée ; le matériel sous-jacent repose sur l’architecture de processeurs IBM Power. Toute prévision concernant l’avenir d’IBM i doit donc toujours prendre en compte les deux feuilles de route.
La présente analyse distingue trois types d’affirmations :
Établi désigne des développements annoncés, publiés ou déjà livrés par IBM
Déduction désigne une conclusion tirée de plusieurs développements établis
Hypothèse désigne une évolution techniquement plausible qu’IBM n’a actuellement pas annoncée.

1. De System/38 et System/36 à IBM i en passant par AS/400

La véritable lignée technique d’IBM i commence surtout avec IBM System/38. Son architecture contenait déjà des concepts fondamentaux qui font encore partie d’IBM i aujourd’hui : une base de données relationnelle intégrée, le Single-Level Storage, un système d’exploitation orienté objets et le Technology Independent Machine Interface, ou TIMI. TIMI abstrait les applications de l’architecture concrète du processeur et constitue une condition essentielle pour permettre aux programmes de continuer à fonctionner à travers plusieurs générations de matériel.1
System/36 suivait une approche davantage axée sur la pratique et la facilité d’utilisation et a connu un grand succès sur le marché commercial du midrange. IBM décrit l’AS/400 qui lui a succédé comme une combinaison de l’architecture sophistiquée de System/38 et de la simplicité d’utilisation et d’administration de System/36.2
En 1988, l’AS/400 est apparu avec OS/400. Il avait été conçu pour succéder à la fois à System/36 et à System/38. La compatibilité ascendante était particulièrement importante : une grande partie des applications existantes pouvait continuer à être utilisée. IBM considère elle-même cette protection des investissements logiciels comme un facteur essentiel du succès de l’AS/400.3
Les noms de produits et le matériel ont ensuite changé à plusieurs reprises : AS/400 et OS/400 sont devenus iSeries, System i et i5/OS, puis finalement IBM i sur IBM Power. La remarquable constante n’était pas tant le nom du produit que le principe d’architecture : les applications et les données devaient rester aussi indépendantes que possible de la génération de matériel concrète.
Cette caractéristique historique est plus importante pour l’avenir que les anciens noms de produits. Elle explique pourquoi IBM fait évoluer la plateforme de manière continue sans exiger tous les quelques années une refonte fondamentale des applications.

2. L’avenir fondamental d’IBM i

Établi

IBM continue de considérer IBM i comme une plateforme stratégique faisant l’objet d’un développement actif. IBM i 7.6 a été annoncé le 8 avril 2025 et est disponible de manière générale depuis le 18 avril 2025. IBM garantit pour IBM i 7.6 une Enhanced Lifecycle Policy comprenant au moins cinq années de support, avec la possibilité de les prolonger de trois années supplémentaires.4
La feuille de route actuelle d’IBM i est encore plus révélatrice. Un IBM Redbook publié en 2026 montre un horizon de support planifié jusqu’en 2039. En plus d’IBM i 7.6, il mentionne explicitement des générations futures sous les désignations neutres « IBM i Next », « IBM i Next + 1 » et « IBM i Next + 2 ». Comme à son habitude pour les feuilles de route, IBM précise que les planifications futures peuvent être modifiées.5

Déduction

Au vu de la planification produit et support actuellement publiée, un arrêt d’IBM i dans les prochaines années est très improbable. Ce constat ne repose pas seulement sur la feuille de route jusqu’en 2039, mais aussi sur le fait qu’IBM livre simultanément de nouvelles fonctions du système d’exploitation, de nouveaux matériels POWER, de nouvelles fonctions du langage RPG, de nouvelles fonctions Db2, des outils de développement modernes et un support de l’IA.6

Hypothèse

IBM i devrait encore se présenter dans les années 2030 non pas comme un système d’exploitation entièrement nouveau, mais comme la continuation constamment modernisée de la plateforme existante. La protection à très long terme des investissements logiciels est l’une des principales raisons économiques d’IBM i ; une rupture radicale avec l’architecture existante détruirait un avantage essentiel du système. Cette appréciation est une prévision et non une annonce d’IBM. Elle s’appuie toutefois sur la stratégie d’architecture suivie jusqu’ici et sur la feuille de route publiée.7

3. La prochaine génération d’IBM i

Établi

Au cours des dernières versions, IBM s’est stabilisée sur un rythme d’environ trois ans pour les grandes versions d’IBM i. IBM i 7.4 est apparu en 2019, IBM i 7.5 en 2022 et IBM i 7.6 en 2025. IBM qualifie elle-même ce rythme triennal de « sweet spot » pour la plateforme.8
Entre les grandes versions, IBM continue de livrer des fonctions par l’intermédiaire des Technology Refreshes et des groupes de PTF. Depuis 2025, IBM sépare en partie les Hardware Technology Refreshes et les Software Technology Refreshes.9

Déduction

Si IBM maintient le rythme actuel, une prochaine grande génération d’IBM i autour de 2028 paraît plausible. IBM ne désigne toutefois actuellement cette génération que par « IBM i Next ». Il ne faut donc en déduire ni l’appellation « IBM i 7.7 » ni « IBM i 8.0 ».
La prochaine version majeure devrait surtout intégrer des modifications intervenant en profondeur dans le système d’exploitation, le Licensed Internal Code, la sécurité, la base de données ou d’autres composants centraux. IBM continuera vraisemblablement à fournir en permanence les améliorations plus petites et compatibles avec les versions précédentes au moyen de PTF et de Technology Refreshes.10

Hypothèse

Pour « IBM i Next », de nouvelles fonctions fondamentales de sécurité, de chiffrement, de haute disponibilité et d’automatisation sont plus probables qu’une interface utilisateur entièrement nouvelle ou qu’une rupture avec les concepts de bibliothèques, d’objets et de jobs. Il n’existe pas d’annonce concrète d’IBM en ce sens ; il s’agit d’une prévision fondée sur les axes de développement d’IBM i 7.6, TR1 et TR2.11

4. Matériel : Power11 et la génération suivante

Établi

Power11 est la génération POWER actuelle. En juillet 2026, IBM a complété la gamme avec le Power S1112, un système d’entrée de gamme destiné aux clients IBM i du Software Tier P05. IBM i 7.6 TR2, IBM i 7.5 TR8 et les PTF correspondants pour IBM i 7.4 prennent ce système en charge.12
Avec IBM i 7.6 TR2, IBM prend également en charge de nouvelles technologies d’E/S telles que PCIe Gen5 et un adaptateur Ethernet RoCE à 200 Gbit/s. Sous IBM i, RoCE est notamment utilisé pour Db2 Mirror.13
IBM a parallèlement expliqué publiquement l’orientation prévue pour l’architecture des processeurs POWER après Power11. William Starke, IBM Power Processor Chief Architect, décrit pour l’après-Power11 une architecture fondée sur des chiplets. IBM y voit une base pour plusieurs générations futures de POWER.14

Déduction

À l’avenir, l’évolution de POWER se définira moins par la seule augmentation des fréquences d’horloge. Une combinaison de davantage de puissance de calcul par socket, d’une bande passante mémoire plus élevée, d’E/S plus performantes, d’accélérateurs spécialisés, d’un support de sécurité renforcé et de structures en chiplets plus modulaires paraît plus probable.
Pour IBM i, cela signifie que la plateforme pourra continuer à bénéficier de nouvelles fonctions matérielles sans que les applications métier existantes doivent être repensées à chaque changement de processeur. C’est précisément ici que continue d’agir la séparation historique entre l’application et l’architecture matérielle assurée par TIMI.15

Hypothèse

Une future génération POWER après Power11 intégrera très probablement davantage d’accélération pour l’IA et la cryptographie. Son nom, ses performances et sa date de lancement concrète n’ont cependant pas été annoncés officiellement. D’un point de vue technique, il est donc encore trop tôt pour parler d’un « Power12 » déjà établi, même si cette appellation est déjà parfois utilisée dans la presse spécialisée.16

5. Les nouvelles versions d’IBM i continueront à abandonner les matériels plus anciens

Établi

IBM i 7.6 prend en charge les systèmes Power10 et Power11, mais plus les systèmes Power9. IBM avait déjà défini qu’IBM i 7.5 serait la dernière version d’IBM i prenant en charge Power9. De la même manière, IBM i 7.4 était la dernière version pour Power8.17

Déduction

Ce schéma devrait se poursuivre. Les futures versions d’IBM i ne prendront pas en charge indéfiniment les anciennes générations POWER. La raison n’est de plus en plus seulement la puissance de calcul. Secure Boot, les nouvelles technologies cryptographiques, les fonctions du firmware, les technologies d’E/S plus rapides, les fonctions NVMe, l’accélération IA et les nouveaux mécanismes de virtualisation exigent du matériel moderne.
La durée de vie d’une application reste ainsi nettement supérieure à celle d’une génération de serveurs concrète. Cette séparation devrait également rester une caractéristique d’IBM i à l’avenir.18

6. La sécurité devient l’un des principaux moteurs du développement

Établi

IBM i 7.6 a apporté d’importantes améliorations en matière de sécurité. Elles comprennent notamment une intégration renforcée de la Multi-Factor Authentication. Avec IBM i 7.6 TR2, IBM étend déjà ces fonctions, entre autres avec le support MFA dans les environnements en cluster ainsi qu’avec External Key Management.19
L’évolution du matériel va dans la même direction. Power11 apporte des fonctions supplémentaires de sécurité et de cyber-résilience ainsi qu’une architecture préparée à une sécurité quantum-safe.20
Le marché confirme l’importance de ce sujet. Dans l’IBM i Marketplace Survey 2026 de Fortra, 64 pour cent des personnes interrogées ont cité la cybersécurité parmi leurs principaux sujets de préoccupation. En parallèle, le manque de spécialistes IBM i s’est hissé pour la première fois au premier rang des préoccupations.21

Déduction

La sécurité sur IBM i évolue ainsi d’une configuration système largement statique vers un processus continu. Les vulnérabilités doivent être détectées, les composants concernés identifiés, les niveaux de PTF évalués, les clés gérées et les modifications mises en œuvre de manière traçable.
Les futurs outils devraient automatiser toujours davantage la chaîne « détecter la vulnérabilité – déterminer l’impact – identifier la correction nécessaire – planifier le changement – contrôler la mise en œuvre ». L’administrateur ne disparaît pas pour autant ; son rôle s’oriente davantage vers les politiques, les validations, l’évaluation des risques et le contrôle.22

Hypothèse

Il est plausible que de futures versions d’IBM i regroupent davantage les réglages de sécurité sous forme de politiques et détectent plus activement les erreurs de configuration. Une intégration plus étroite entre Security Advisory, CVE, planification des PTF et processus de changement paraît également plausible. Il n’existe toutefois actuellement aucune annonce d’IBM concernant une gestion de la sécurité IBM i entièrement autonome.

7. Haute disponibilité : moins d’arrêts planifiés plutôt qu’un « Zero Downtime » magique

Établi

IBM met fortement en avant Power11 avec l’objectif « Zero Planned Downtime ». Il faut toutefois distinguer le matériel, le système d’exploitation et l’application IBM i concrète. IBM Redbooks souligne explicitement qu’un Zero Planned Downtime complet reste exigeant pour IBM i, car le matériel, le système d’exploitation, Db2 et les applications sont étroitement imbriqués.23
IBM développe donc les méthodes permettant de réduire fortement les interruptions planifiées. IBM i Migrate While Active crée et synchronise un système cible pendant que la production continue sur le système source. Les opérations de maintenance ou de mise à niveau peuvent être préparées sur le système cible ; une bascule contrôlée intervient ensuite avec une interruption aussi courte que possible.24
D’autres méthodes ont été ajoutées en juillet 2026. Sous IBM i 7.6, Partition Mirroring est notamment disponible ; les méthodes utilisant la réplication externe du stockage ainsi que d’autres possibilités de planification et de test ont également été étendues.25

Déduction

L’avenir ne devrait donc pas être : « Un système IBM i individuel ne doit plus jamais effectuer d’IPL. » Il est plus probable qu’il soit : « Un service métier doit rester disponible même lorsqu’un système individuel est maintenu, migré ou remplacé. »
Db2 Mirror, PowerHA, Live Partition Mobility, Migrate While Active, la réplication du stockage et les connexions RoCE plus rapides s’inscrivent précisément dans ce modèle d’architecture. La maintenance et la migration deviennent de plus en plus un basculement orchestré entre des instances système plutôt qu’un long arrêt d’une seule machine.26

8. L’administration devient plus autonome

Établi

IBM a annoncé IBM Power Autonomous Operations en juillet 2026. Il s’agit d’un agent IA destiné à surveiller en permanence les systèmes Power et à détecter et résoudre de manière autonome certains problèmes, par exemple des goulets d’étranglement de capacité.27
En parallèle, IBM étend en permanence les services SQL d’IBM i. IBM i 7.6 TR2 apporte par exemple de nouveaux services pour les informations CVE, le niveau de mise à jour des PTF, External Key Management, les lecteurs de journaux et d’autres informations système.28

Déduction

L’administration système classique devrait évoluer progressivement de la consultation manuelle de chaque information vers une administration davantage automatisée, orientée services et politiques.
Au lieu de répondre exclusivement à la main à des questions telles que « Quel job est en cours ? », « Quel PTF manque ? » ou « Quelle ressource devient insuffisante ? », les outils détecteront de plus en plus eux-mêmes les écarts, établiront les liens entre les informations et proposeront des mesures ou exécuteront eux-mêmes certaines actions dans le cadre de règles définies.
Les services SQL sont ici particulièrement importants, car ils mettent les informations système à disposition sous une forme standardisée et lisible par machine. Les scripts, solutions de monitoring, outils DevOps et agents IA peuvent ainsi traiter les informations IBM i beaucoup plus facilement qu’à partir des affichages interactifs classiques.29

Hypothèse

Un IBM i entièrement auto-administré n’est pas à attendre à court terme. Un modèle progressif est plus vraisemblable : le système détecte un état, l’évalue, propose une mesure et ne l’exécute automatiquement que lorsqu’une politique et une validation existent à cet effet. Dans les environnements fortement réglementés, le contrôle humain devrait rester nécessaire ne serait-ce que pour des raisons de gouvernance.

9. Le cloud deviendra un mode d’exploitation, mais IBM i ne sera pas « Cloud-only »

Établi

IBM i peut continuer à être exploité de manière classique sur du matériel Power appartenant à l’entreprise. En parallèle, IBM Power Virtual Server, ou PowerVS, est disponible comme modèle d’exploitation dans le cloud. IBM positionne simultanément les systèmes Power11 pour une utilisation On-Premises et dans PowerVS.30
Migrate While Active prend explicitement en charge IBM Power Virtual Server comme cible possible. L’utilisation du cloud peut ainsi servir notamment à la migration, au Disaster Recovery et à des modèles d’exploitation hybrides.31

Déduction

Aucune orientation générale « Cloud-only » pour IBM i n’est actuellement perceptible. D’un point de vue technique, un modèle durable laissant le choix entre plusieurs options paraît plus probable :
- serveur Power propre à l’entreprise
- infrastructure Power hébergée ou privée
- Power Virtual Server
- combinaisons hybrides de ces modèles
Cette approche est particulièrement logique pour IBM i, car les entreprises ont des exigences très différentes en matière de latence, de résidence des données, de matériel existant, de licences, de haute disponibilité et de contraintes réglementaires.32

10. IA et IBM i

En matière d’IA, trois évolutions différentes doivent être distinguées :
1. l’IA pour le développement et la maintenance d’applications IBM i
2. l’IA pour l’administration des environnements Power et IBM i
3. IBM i ou Power comme plateforme d’inférence IA
Les deux premiers domaines sont déjà concrètement visibles. Le troisième est techniquement possible, mais repose sur une autre architecture.

Établi

Power11 dispose d’une accélération IA intégrée au processeur. IBM propose en outre le Spyre Accelerator pour Power11 comme accélérateur spécialisé pour l’inférence IA. La pile logicielle Spyre actuelle exige Red Hat Enterprise Linux. IBM documente RHEL 9.6, 9.8 et 10.2 comme systèmes d’exploitation pris en charge pour Spyre ; IBM i lui-même n’est donc actuellement pas le système d’exploitation sous lequel la pile Spyre est exécutée.33
IBM Redbooks montre explicitement une architecture dans laquelle IBM i, AIX ou Linux comme « System of Record » communique via des API standardisées et sécurisées avec une LPAR Linux sur laquelle s’exécutent l’inférence IA et Spyre.34

Déduction

Pour les applications IBM i, l’architecture suivante est donc particulièrement probable dans un premier temps :
IBM i conserve les données transactionnelles, Db2 et la logique métier. Les modèles IA s’exécutent dans un environnement Linux, Power ou cloud optimisé à cet effet. La connexion s’effectue au moyen d’API standardisées, de REST, SQL, messaging ou d’autres services.
Une application RPG ou COBOL critique pour l’entreprise ne doit ainsi pas devenir elle-même un système d’IA. Elle peut consommer de manière ciblée des fonctions IA tandis que le stockage des données et la logique transactionnelle restent sur IBM i.35

Hypothèse

Il est envisageable qu’IBM rende à l’avenir certaines fonctions IA plus directement accessibles depuis IBM i. Une exécution native de Spyre sous IBM i n’est toutefois pas annoncée actuellement. Il serait donc erroné de déduire de la stratégie IA de Power11 qu’IBM i lui-même doit devenir à court terme la principale plateforme d’exécution pour les grands modèles de langage.

11. Logiciels actuels et futurs sur IBM i

L’avenir d’IBM i ne se décide pas uniquement au niveau des processeurs et des versions du système d’exploitation. Pour de nombreuses entreprises, il est plus important de savoir avec quels langages, outils, technologies de base de données et processus de développement les applications existantes pourront continuer à évoluer au cours des dix à quinze prochaines années.

11.1 RPG reste un langage actif

Établi

RPG continue à être développé activement. En juillet 2026 encore, IBM a publié de nouvelles fonctions ILE RPG. Elles comprennent des opérations d’assertion, des Message IDs génériques pour ON-EXCP, LIKE(*EXT), %LOOKUPNE et %TLOOKUPNE ainsi que des informations de job supplémentaires dans la PSDS. Ces fonctions sont fournies au moyen de PTF pour IBM i 7.5 et 7.6.36

Déduction

RPG ne deviendra donc pas, dans un avenir prévisible, un simple langage legacy sans évolution. Son rôle stratégique change cependant : les nouveaux développements RPG deviennent davantage modulaires, orientés procédures et reliés à SQL, REST, JSON, Git, aux méthodes de test et à des services externes.
L’introduction des assertions est particulièrement intéressante, car IBM fournit ainsi une fonction du langage pouvant explicitement être utilisée pour les Unit Tests. Cela correspond à des méthodes modernes de développement et de test, et non à un langage simplement maintenu en mode maintenance.37

Hypothèse

RPG devrait rester jusque dans les années 2030 un langage important pour les applications IBM i existantes critiques pour l’entreprise. La part des programmes monolithiques classiques devrait toutefois diminuer, tandis que les procédures, Service Programs, SQL, API et tests automatisés gagneront en importance. Un remplacement de RPG par un unique autre langage n’est actuellement ni techniquement perceptible ni annoncé par IBM.

11.2 Db2 for i et SQL deviennent encore plus centraux

Établi

IBM étend en permanence Db2 for i et les IBM i Services au moyen de groupes de PTF. IBM i 7.6 TR2 a une nouvelle fois apporté de nouvelles fonctions SQL et de nouveaux services QSYS2 et SYSTOOLS, parmi lesquels CVE_INFO, GROUP_PTF_CURRENCY_LOCAL, EKM_INFO, CREATE_DATA_JOURNAL_READER et d’autres fonctions système.38
Sur IBM i, SQL ne sert donc depuis longtemps plus uniquement à lire et modifier les données applicatives. Aujourd’hui, SQL permet notamment d’analyser les jobs, objets, éléments de sécurité, niveaux de PTF, journaux, l’IFS, le réseau, les valeurs système et de nombreuses autres informations du système.

Déduction

SQL évolue vers une interface universelle d’administration et d’intégration d’IBM i. Les commandes CL et les API classiques ne disparaîtront donc pas. Pour l’automatisation, le monitoring, le reporting, DevOps et les outils basés sur l’IA, SQL est toutefois particulièrement intéressant, car les résultats sont renvoyés sous une forme structurée et peuvent être facilement traités ensuite.
L’extension continue des services QSYS2 et SYSTOOLS fait donc partie des évolutions logicielles les plus probables des prochaines générations d’IBM i.39

11.3 Java et Open Source restent partie intégrante de la plateforme

Établi

IBM i 7.6 prend actuellement en charge Java 21, Java 17 et Java 8. IBM i 7.5 prend en plus en charge Java 11. IBM fournit régulièrement des Service Releases pour les JDK pris en charge au moyen de groupes de PTF.40
IBM i dispose en outre d’un vaste écosystème Open Source. IBM cite notamment Git, Node.js, Python, PHP, OpenSSL, OpenSSH et d’autres paquets pouvant être utilisés dans l’environnement PASE/Open Source.41

Déduction

L’avenir des logiciels sur IBM i ne reposera donc pas sur un seul langage de programmation. RPG, COBOL, Java, SQL et les composants Open Source coexisteront selon les besoins. Les nouvelles couches web, API et d’intégration pourront être réalisées avec des technologies Open Source modernes, tandis que la logique métier éprouvée restera en RPG ou COBOL.
Pour une modernisation, cette architecture mixte est souvent plus économique qu’une réécriture complète d’applications centrales qui fonctionnent correctement.

11.4 VS Code, RDi, Git et DevOps

Établi

IBM investit désormais explicitement dans Code for IBM i pour Visual Studio. Avec IBM i 7.6, des améliorations ont notamment été décrites pour les Source Repositories basés sur Git, le debugging, RPGLE et Db2 for i. IBM i 7.6 TR2 a apporté d’autres extensions telles que le support MFA et des fonctions supplémentaires liées aux environnements.42
Le Fortra Marketplace Survey 2026 montre pour la première fois VS Code légèrement devant RDi : 58 pour cent des personnes interrogées utilisent VS Code, 57 pour cent RDi. Les outils ADTS classiques tels que SEU et PDM restent à un niveau supérieur avec 74 pour cent, mais perdent des parts de marché sur le long terme. IT Jungle considère également ce déplacement comme une tendance importante du développement IBM i.43

Déduction

Le processus de développement classique
SEU / PDM → Compile → Objet
est de plus en plus complété par
Git → VS Code ou RDi → Build → tests automatisés → Change Management / Deployment.
Cela ne signifie pas que les Source Physical Files, SEU ou PDM vont disparaître à court terme. Cela signifie en revanche qu’IBM aligne de plus en plus fortement son orientation stratégique en matière de développement sur des outils et des processus également courants en dehors du monde IBM i.
IBM i devient ainsi plus accessible aux jeunes développeurs, tandis que les équipes existantes peuvent utiliser des processus modernes de Source Control, de revue et de déploiement sans devoir nécessairement réécrire leur logique métier.44

11.5 IBM Bob et le développement logiciel assisté par IA

Établi

Depuis juillet 2026, l’IBM Bob Premium Package for i est disponible de manière générale. IBM décrit Bob comme un partenaire de développement assisté par IA pour l’ensemble du Software Development Lifecycle. Le package IBM i possède des connaissances et des workflows spécifiques pour RPG, COBOL, CL, Db2 for i et le développement natif IBM i.45
Parmi les fonctions documentées figurent une connexion native à IBM i, la lecture et l’écriture de Source Members, la compilation, l’exécution de SQL, les tests, la modernisation RPG et l’assistance à la modernisation de la base de données.46

Déduction

Pour IBM i en particulier, l’IA devrait à long terme présenter moins d’intérêt par l’écriture automatique de quelques nouvelles lignes de code que par sa capacité à comprendre de grandes applications existantes.
Les tâches typiques sont :
- expliquer du code RPG ou COBOL existant
- identifier les dépendances
- déduire les règles métier à partir du code existant
- générer ou mettre à jour la documentation
- convertir du Fixed Format RPG en Free Format
- générer des cas de test
- analyser et optimiser SQL
- moderniser progressivement les structures DDS
- analyser les conséquences de modifications sur de vastes paysages applicatifs
Cet axe correspond au principal problème actuel de la communauté IBM i : le manque de spécialistes et la perte de connaissances sur des applications développées et enrichies pendant des décennies.47

Hypothèse

Dans les prochaines années, les outils d’IA devraient être de plus en plus directement intégrés à l’analyse, au développement, aux tests et au Change Management. Une connexion entre l’analyse de code par IA et les informations réelles d’exécution, de base de données et de dépendances du système IBM i serait particulièrement précieuse.
À l’avenir, un développeur pourrait ainsi ne plus seulement demander « Que fait ce programme ? », mais par exemple « Quels programmes, fichiers, API et jobs sont concernés par cette modification, quels tests manquent et quels risques en découlent ? ».
IBM Bob indique déjà la direction, mais un processus de modernisation entièrement intégré et autonome pour de grands paysages applicatifs IBM i n’existe pas encore actuellement.

11.6 Qu’est-ce qui devrait rester et qu’est-ce qui pourrait disparaître ?

Établi

IBM supprime également certains produits et certaines fonctions d’IBM i. IBM publie à ce sujet des indications spécifiques pour les versions futures. IBM i 7.6 est par exemple la dernière version qui contient IBM i Modernization Engine for Lifecycle Integration dans le portefeuille IBM i.48

Déduction

Il convient donc de distinguer l’architecture des produits individuels. L’architecture fondamentale d’IBM i est exceptionnellement pérenne. En revanche, certains outils, protocoles, versions Java, produits complémentaires et composants d’administration peuvent tout à fait être remplacés ou supprimés.

Hypothèse

5250, CL, les bibliothèques, les objets et les concepts traditionnels de jobs IBM i devraient rester encore longtemps. DDS devrait également rester exécutable pendant de nombreuses années. Pour les définitions de bases de données, le développement stratégique s’oriente toutefois nettement davantage vers SQL DDL et les outils de développement modernes.
SEU et PDM resteront probablement encore longtemps présents dans de nombreuses installations, mais leur importance pour les nouveaux développements devrait continuer à diminuer. Les chiffres de Fortra montrent déjà aujourd’hui que les IDE modernes sont fortement utilisés en parallèle.49

12. Évolution probable jusqu’aux environs de 2035

Établi

Pour les années 2026 et 2027, l’orientation est déjà visible :50
- poursuite de l’extension d’IBM i 7.6 au moyen de PTF et Technology Refreshes
- adoption plus large de Power11
- extension de la sécurité et d’External Key Management
- poursuite du développement de Migrate While Active
- nouvelles fonctions RPG et Db2
- extension de Code for IBM i
- IBM Bob pour le développement IBM i
- Power Autonomous Operations

Déduction

Si le rythme triennal actuel se poursuit, une prochaine grande version d’IBM i autour de 2028 paraît plausible. Pour la période suivante, la feuille de route IBM montre déjà d’autres générations sous les appellations « IBM i Next + 1 » et « IBM i Next + 2 ».
Pour Power, une architecture fondée sur des chiplets est annoncée après Power11. Le matériel sous-jacent devrait donc lui aussi continuer à évoluer à la fin des années 2020 et au début des années 2030.
En parallèle, la sécurité, le support de l’IA, l’administration automatisée, DevOps et les migrations presque sans interruption devraient converger toujours davantage.51

Hypothèse

D’ici au milieu des années 2030, IBM i pourrait donc se présenter approximativement de la manière suivante :
- la même architecture fondamentale intégrée et orientée objets
- de nouveaux matériels POWER avec des processeurs et accélérateurs plus modulaires
- nettement davantage d’automatisation de la sécurité
- une utilisation renforcée de SQL comme API système
- des procédures de haute disponibilité et de migration davantage automatisées
- RPG toujours comme langage métier important, mais sous une forme plus modulaire et orientée services
- Git et les IDE modernes comme cas normal pour les nouveaux développements
- l’IA comme outil quotidien d’analyse, de documentation, de test et de modernisation
- l’inférence IA principalement via des composants ou services Linux/Power spécialisés, tandis qu’IBM i reste le System of Record
- des modèles d’exploitation parallèles On-Premises, hébergement et PowerVS
Ces points constituent une prévision et non une annonce de produit. Ils découlent des axes d’investissement d’IBM actuellement visibles.52

13. Appréciation générale

Établi

IBM publie une feuille de route IBM i avec un support planifié jusqu’en 2039 et continue parallèlement à développer le système d’exploitation, le matériel POWER, RPG, Db2, la sécurité, la haute disponibilité, les outils de développement et le support de l’IA. Il n’existe donc actuellement aucun indice technique solide annonçant une fin prochaine d’IBM i.53

Déduction

La modification probablement la plus importante des prochaines années n’aura pas lieu au cœur de l’architecture, mais à ses frontières.
IBM modernise de plus en plus la manière
- dont IBM i est sécurisé,
- dont les applications sont développées,
- dont le source est géré,
- dont les modifications sont testées et déployées,
- dont IBM i communique avec d’autres plateformes,
- dont les systèmes sont surveillés,
- dont la maintenance et les migrations sont réalisées,
- et dont la logique métier existante peut être analysée avec l’IA.
Le cœur d’IBM i reste précisément précieux parce qu’il ne doit pas être réinventé en permanence.

Hypothèse

L’IBM i des années 2030 devrait encore être clairement apparenté, dans son fonctionnement interne, à l’AS/400 et même à des concepts d’architecture de System/38. Pour les développeurs et les administrateurs, la plateforme paraîtra néanmoins nettement plus moderne.
L’avenir le plus probable n’est donc ni « IBM i reste simplement tel qu’il est » ni « IBM i est remplacé par une plateforme entièrement nouvelle ».
Le scénario le plus probable est le suivant :
IBM i conserve son architecture stable et intégrée – tandis que le développement, la sécurité, l’administration, la haute disponibilité, l’intégration cloud et l’IA autour de ce cœur sont profondément modernisés.
C’est peut-être précisément là que réside la plus grande continuité de cette plateforme : la technologie sous-jacente et tout ce qui l’entoure peuvent fortement évoluer sans qu’une application critique pour l’entreprise doive être réinventée à chaque nouvelle génération de matériel ou de logiciel.54
Manfred Flück
CEO ValFox GmbH, Senior Business Analyst
Jürg Jelinek
Advisory Power Technical Specialist, IBM Switzerland

Ce rapport est une traduction de l’original allemand et a été réalisé à l’aide de l’intelligence artificielle